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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 17:02

astre mort

 

 

 

De la Beauté, des artistes, des aspirants artistes

 

 

 

Qu'est ce que la Beauté ? Qu'est ce qu'un artiste ?
Qu'est ce qu'un véritable artiste ? Qu'est ce qu'un faux  ?
Comment distinguer l'authentique artiste du faux ?

Pour répondre à ces questions essentielles, mes chers,
Je vous commanderai de vous figurer un hangar au mlieu d'une grande ville.
Un vaste hangar, hermétique et noir, où personne ne veut aller, ou presque.

Ce hangar se dresse, inquiétant, au milieu de la mégalopole qui grouille, grouille et regrouille
pour se rassurer. Cette mégalopole, c'est nous, les hommes, engeance omnivore qui s'agite
et croît et se reproduit et meurt en attendant que le soleil s'éteigne,
et qui souffre de s'en rappeler parfois, entre deux repas, deux fornications, deux fous rires ou deux deuils...


C'est, n'est ce pas, le lancinant et terrible tryptique de nos existences : "Nais, croîs, crève".


En cet hangar sombre, c'est donc le noir opaque, absolu. On n'y distingue rien.
Figurez vous ce hangar comme étant l'Art, ou le Langage, ou les deux.

En cet hangar, réside, on le sait, une jeune fille noire, entièrement noire, et plus noire encore.
Sa peau, ses cheveux, ses yeux, se confondent avec la ténèbre. On ne peut la voir.

 

Mais les siècles ont révélé que sa chair était aussi effilée, acérée que du rasoir,
et quiconque vient à l'effleurer en s'aventurant dans le hangar s'écorche immanquablement,
se lacère et y laisse de son sang.

 

La blessure laisse pour souvenir d'inimitables traces d'encre noire...
Cette silhouette terriblement coupante, c'est la Beauté que l'on pourrait aussi appeler "Justesse".

Parfois, malgré toutes les mises en garde, et ce encore de nos jours, il arrive que des hommes de la ville
 soulèvent le lourd rideau de fer du hangar, et tentent de s'y aventurer audacieusement.

Naturellement, la pénombre y est telle que la plupart renoncent. Cependant, il faut toujours qu'une poignée
insiste, vous savez de quelle moelle sont fait les hommes.

 

Ces quelques incurables aventureux , ces têtes brûlées,
appelons les des  artistes ou des poètes, ou plutôt, des aspirants artiste- poètes.

Naturellement, la lumière du quotidien fournie par la hausse du rideau ne suffit pas du tout

à éclairer la sombre poix du hangar, alors autant fermer le rideau de fer.

Voici alors que les aspirants s'avancent, commencent d'explorer les lieux, puis se perdent, se dispersent dans l'obscurité parfaite du hangar. Et c'est pour ainsi dire,tout comme s'ils avaient tous les yeux fermement bandés et marchaient dans la Nuit totale. Les voilà donc circulant dans le hangar à tâtons aveugles, se heurtant parfois les uns aux autres, parlant tout haut, criant, chantonnant, circulant encore, déboussolés, sans l'once d'un repère...

Cette errance en pleine cécité peut durer longtemps. Il advient parfois qu'un homme meure d'errance dans le hangar,
qu'il s'y perde pour de bon et ne soit pas retrouvé par les autres, ou que l'on ne retrouve plus le rideau par lequel tous étaient entrés, et que tous meurent de faim.

Mais adviendra toujours, inévitablement, un moment (cela peut prendre des mois, des ans, des décennies, des siècles) où un parmi tous, ou quelques uns parmi tous les tâtonneurs du hangar,
finit(ssent) par effleurer, par toucher la Beauté (ou la Justesse) du bout des doigts, ou plus franchement du bras, ou qui parvient à lui saisir un membre ou la taille. Il s'y coupera plus ou moins douloureusement, mais il s'y coupera
et le sang coulera alors. Il arrive même parfois qu'un des ces tâtonneurs enlace la Beauté de tout son corps et se retrouve intégralement tailladé, dilacéré de toutes parts. Sa sortie du hangar n'en est qu'est plus difficile...

Celui là ou ceux là qui se sont tranchés sur la Beauté, il faudra désormais les appeler des artistes, ou des poètes authentiques.


Les autres, qui auront erré dans le hangar sans jamais toucher la sombre et invisible créature seront restés des aspirants, en dépit de tous  leurs efforts; tout juste pourront ils,s'ils parviennent à ressortir du hangar, s'enorgueillir du fait que leur errance aura d'une façon ou d'une autre permis à un congénère ou plusieurs de toucher la Beauté (Justesse), de s'en rapprocher sensiblement.


Si les premiers cités sortent du Hangar après avoir touché la Beauté et que leur sang en atteste bel et bien,
alors oui, ils seront devenus des artistes-poètes, et de vrais. Les autres n'auront été que des imitateurs, des êtres perdus, des aspirants, des vaincus, des douteurs d'eux même...

 

Mais ils auront contribué à l'exploration, ce qui constituera leur louange de consolation...

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