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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 16:47

 

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Desespoir et cie

 

 

I

 

 

je vis en apnée

dans le boyau infini des semaines

harcelé des murènes du travail

abruti de ténèbres

la poésie bonbonne insuffisante

aidez moi

 

Toi la Soraya,

la bonne perse en exil

 qui vis à l'étage

 dessus mon appartement

 la Schéhérazade apaisée

 qui me contais ton pays

 sans craindre qu'on te décapite

 le lendemain

 l'automne est blanc dans tes cheveux

 tu as passé le zénith de la vie

 tes seins ont capitulé

 ton ventre a produit

 tes yeux ont trop lu

prêtes moi 

 ton tapis volant

celui que tu pris pour t'envoler de Téhéran

 quand les barbus aux crânes trépanés de versets

 renversèrent un shah vautré trop lourdement sur son peuple

pour se vautrer encore plus lourdement sur le peuple

  

1 se laisser trépaner le crâne de versets

 2 mentir à soi toute une vie

3 être pendue

 

le beau tryptique

qu'on te proposait

  

 et qu'on nous proposera un jour à tous

 

bon tapis bon tapis volant

  

 les vrais humains sont humains

avant d'être patriotes

 ou mollah machin

 et pour eux la chair d'autrui

c'est encore leur chair

  

 les autres

mitrailleuse en main

 on ne sait plus ce qu'ils sont

  

 ce qu'on sait bien sûr

 c'est que les arguments de la balle

 ou de la lame

 qui penètre la chair

 ne visent jamais qu'une sempiternelle conclusion

  

 

Je suis si moribond

  

toucan pris dans la glace

 cancre prisonnier du cours de Mathématiques

  

 Trempes moi dans la jarre de lait de la joie

 tends les cordes de ta cithare jusqu'aux astres

accorde les selon la gamme d'une galaxie

que je funanbulise dans le vide

 sans filet

 

 

 

 II

 

 

 Demain comme je n'ai rien à faire, j'irai me marier

ça passera le temps et je pourrais peut être me reproduire

elle ou une autre

une plus fessue

une zambienne

une plus pointue

une chinoise

 

 Mais la place est aussi déserte que ma main

et les abysses ne sont plus ce qu'elles étaient

 

pour dérider mon morne royaume intérieur

il faudrait au moins 80 000 harpes et autant de cymbales

 

Pour me redonner le goût de bâtir

il faudrait m'inventer toutes sortes de noms de fleuves

 

le quango, l'artop, le squalinon, l'oo, l'oho, le cableu, le jutrec,

la pestine, le lion, la sarcine, l'agalfe et le ruglisse

 

quelle est cette gelée d'aporie

qui a conquis ma moelle

 

 une grande tasse de déséspoir

servie amère

sans sucre

 au café

du promontoire

 de la défaite

 

j'ai raté mon exuvie

 

la canine qui mord l'air

 

 

III)

 

 

 En la rue

 seul

absolument seul

l'esprit macère

dans une mangrove urbaine

désolante

 

on ne peut plus entrer en rien

on n'arrive plus à oublier que l'on vit

 

comment me sens je

une outre pleine d'eau froide

qui déborde

sans avoir soif

 

enceint de rien

 

On te bouscule, on te chahute

L'époque assoit son gros cul

et ses commodités

sur les modestes ilôts de solitude

 qu'on croyait féconds

 

des femmes vieilles

 avec leur parapluies

veulent te crever les yeux attention

 

Tu es pareil à un abre qui ne pourrait plus prendre racine

nulle part

 

 

 

 

 

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Edouard Dupas - dans MON CRU
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