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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 16:13

 

Mes chiottes (Paranoïa)

 

Amis humains

je vous écris ces quelques lignes

depuis un quiet paradis exigu

pour ne pas dire

mes chiottes.

La porte est close, le loquet définitif.

 

De crainte qu'une bande d'avinés fiévreux ne me passe à tabac

à l'angle de l'avenue là bas

que des tisons doucereux ne s'approchent encore de moi 

"laisse nous te caresser,

laisse nous baiser ta peau si douce"...

et avant que cette mendiante répugnante

lépreuse, puante, hydrocéphale

de l'autre côté de la chaussée ne s'en vienne enquérir 

" aimez moi, siouplait monsieur,

ayez pitié, embrassez moi

je ne suis qu'un peu verruqueuse ce n'est pas ma faute"

 

Je resterai barricadé

dans mon quiet paradis exigu

dans mes chiottes.

 

Non à vous tous !

je brandis mon étendard

le Non las du combat

je renonce au cauchemar.

 

Ne toquez pas ! Amis humains

je vous sais par coeur, j'ai appris mes leçons;

j'ai pris acte de votre souveraine saloperie

tortueux, tortus, tous ignobles hébétés

cervelles voûtées par le mastodonte de la connerie

goules livides hanteurs de centres commerciaux

brutes enfants des industries décervelantes et de l'alcool

et vous mégères atroces qui savez faire des traditions

un enfer dont on ne s'échappe pas

      ne toquez pas !

 

je ne vous sais que trop, hommes croches

les intarissables inventeurs de l'écartelement et du carcan

du sacrifice inutile et du renoncement

 

je sais vos vices coriaces

vos âmes filandreuses

Satan le chuchoteur

vous cornaque de fond en comble

depuis deux mille ans au bas mot

le sang

de Saint Sébastien criblé de flèches

Maximilien Kolbe le saint revèche

en a assez attesté 

 

amis humains pour vous

le corps d'un semblable cuisant au bûcher

ou une partie de poker,

marcher le long d'un canal où flotteraient

les restes d'une saint barthélémy

ou le repas du dimanche tout cela

c'est pour ainsi dire la même chose

 

au milieu de mon genre

j'ai trop longtemps étiré mon être

De l'antipode cynique à l'antipode naïf; clac

il n'avait pas l'élasticité ...

 

hommes

Ma moelle pécheresse et mon coeur capitulard

ont atteint le seuil de l'épuisement parmi vous.

Je prends congé par le claquemur

et opte pour la mort solitaire.

 

Vraiment désormais mon royaume

ce seront ces chiottes

ces latrines fermées à triple tour

 

et plus me plait plus et me contente

plus m'inspire la confiance

l'odeur de mes excréments  

que votre société toute entière

acharnée à ma perte.

 

Mes chiottes mes chiottes mes chiottes.  

 


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commentaires

Désirée 25/06/2011 21:46


Mieux vaut vivre dans un tonneau que dans les chiottes. Rien que l'odeur déjà, les émanations même de mauvais picrate valent quand même mieux que celles de ton cul. Ceci dit sans vouloir
t'offenser! hihi.


ignatius 22/06/2011 12:23


toc toc

c'est Diogène!


poesie-et-racbouni.over-blog.com 23/06/2011 18:38



je n'avais pas pensé à ça...



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