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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 11:01

aral noir blanc

 

 

Tous s'en vont

 

 

"Tous s'en vont, tous s'en vont, tous s'en vont" chantonnais je

souvent à part moi sur d'invisibles arpèges

 après le mystérieux spectacle des enterrements

quand chacun reprenait seul son chemin  vers l'ossement....

 

Blancs cheveux ma couronne de sénescence

avec l'irréfutable et si pesant manteau

de la chair défaite et fourbue d'impotence

et le temps cavalant qui cravache ses chevaux


me voilà  morne vieux roi d'un royaume

dont les jours sont  déjà comptés

aquiesçant  enfin aux sages fantômes

qui disaient "vanité que durer" !

 

une chambre au loyer glaçant

mais vivre, vivre... juste vivre en douce,

quelques années encore survivre

selon les humbles, humbles secousses

du coeur, pompe de vie encore ivre

du vin de vie qui circule- le sang

 

ce matin en l'hospice le miroir

 m'a fait une révérence ironique
(avec  ces rides, dans le noir,

ai je l'air plus énigmatique ? )


et L'invisible Fourgon de la Mort

est repassé devant St Maur
ce matin, comme j'emplissais

de pisse mon pot vert cassé

 

je l'ai vu de la fenêtre qui est venu

prendre celui de la chambre nue
et celui de la chambre 209 peut être
car un à un, deux à deux, miette après miette,

 

expirations après expirations,

tous s'en vont ,tous s'en vont ,
et les autres qui attendent irons,

oui tous irons, tous irons


tous s'en vont tous s'en vont
et savent ils et savent ils

ces déjà lointains fragiles
vers quels indicibles tréfonds


pour qu'encore ce jour commence

il m'aura fallu la triste patience

perdre tous les miens confiés

aux mains du cancer, emportés

par les crocs soudains d' accidents
suicidés vertueux perdants


 j'ai passé  cette vie sans un d'effort

chantant "tous s'en vont tous s'en vont"

mais maintenant que l' 'horizon

s'est clairsemé il n'y a que la mort


tous s'en vont tous s'en vont
et savent ils et savent ils

ces déjà lointains fragiles
vers quels indicibles tréfonds

l'hospice se vide et se remplit
je suis des derniers ce printemps
 je vois l'enfer qui s'accomplit

qui s'accomplit parfaitement


tous s'en vont tous s'en vont
et savent ils et savent ils

ces déjà lointains fragiles
s'ils se rejoindront

s'ils s'éparpilleront

dans l'espace

 

ô néant, néant inconcevable dont je fus

tiré, dont je viens et dont je ne sais plus

quel fut le goût, la volupté,

néant saurai je t'accepter ?

 


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