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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 14:21

 

indignados

 

 

Revanche-spectacle


Ding ! Ding ! Simultanément on sonne

le 1er round  du combat

et le glas

de toutes les vieilles justifications


Le public sous la voûte sombre empaqueté

dans les gradins du Stade du Recouvrement de la Dignité

trépigne et tremble en attendant qu'enfin ça barde

le public qui n'est que la masse énorme et gueularde

de toutes les misères agglomérées du monde


ouvriers laotiens tordus, mineurs congolais barbouillés d'or,

loqueteux manouches bulgares , faminards d'Erythrée, souillons

de couturières guatémaltèques, paysans crevards de Corée du Nord

et les pauvres vieilles putes trans-genre de Thaïlande en Haillons


Sous les clameurs inquiètes et le projecteur ironique de l’Histoire

L’Homme Humilié monte sur le ring de son présent perpétuellement volé

avec dans les gants la rage de 30 siècles d'oppression et de vains sacrifices


(L'Arbitre est un Dieu pieuvre absent au sourire stellaire )


avant même le temps d'une parabole, les Christs de tous bords sont étalés

(eux et leur amour équivoque) en 12 crochets furieux qui les reclouent à leurs croix respectives

plus solidement que jamais, les premiers applaudissements timides se font entendre

on n'ose pas trop y croire mais la rumeur monte quand le gras et molasse Bouddha

recrache sa sérénité sous l'uppercut quand le perfide Allah s'affale avec les côtés cassées


envahissent alors pèle-mêle l'arène noire les éternelles, indécrottables figures ennemies

du politicien salace, de l'usurier gourmand, des sophistes vendus au plus offrant,

les vieilles ganaches militaires, l'institutrice castratrice, le grand sacrificateur aztèque,

l'empereur chinois et tous les ingénieurs lettrés aux salamalecs abjects

pleuvent alors pleuvent ouragantent les coups

 

qui graduellement tuméfient crèvent et dégonflent

 

 ces gueules atroces, bientôt totalement concassées, explosées

par les mille directs éjaculatoires que débite sans faillir l'Homme Humilié

dont le courage fait miroiter les gants toujours plus sanguinolents


et c'est ensuite la Voie Lactée elle même qui termine knock-outée, vautrée

dans les cordes le torse ruisselant d'étoiles saignantes qui s'écroule et meurt

la grande masse des affamées se lève applaudit à tout rompre

tombent alors tombent tombent comme une neigeuse récompense

les fleurs les bouquets inouïs du public éperdu de reconnaissance

mais

déjà

le projecteur

 

s'éteint

déjà il faut évacuer les lieux

le Chapiteau s'affaisse

se vide comme une baignoire

et il n'y a plus hélas qu'à constater le plane vide au dehors

la Tristesse qui souffle en bourrasque sur les étendues nues, pierreuses

à 360°

ah combien tout est à recommencer !

Il faudra songer à déménager vers d'autres Galaxies

retrousser les manches de la Pensée

et la Colère, si seule, si pauvre et désarmée

reste pantoise devant l'énigme monumentale

" Comment organiser dignement ce chaos ? "

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 15:20

tom creule

 

 

 

La voilà, l'aube

 

 

 

La voilà, l'aube qui me suppliera encore 

de secouer ma torpeur stupide

avec son oeil de lait et son humble blancheur,

 

la voilà, l'aube qui verra mes frères humains

se tirer de leurs lits

pour accomplir leur devoir avec la plus belle fermeté

me laissant seul, allongé avec une conscience

rongée de doute, farcie de dégoût stérile,

asservie par la paresse et sans doute aussi,

quelque part, par le diable.

Ma face est si sale que le jour

ne pourra pas la nettoyer.

 

La voilà l'aube à laquelle on ne prête pas plus d'attention

qu'aux crachats sur le trottoir, qu'à une lointaine famine

muet témoin de ce que nous aurons

accompli ou non en ce jour.

 

Là voilà, l'aube qui m'impartira ces quelques heures

pour réagir, pour redresser mon humanité. Mais le crépuscule déjà !

 

Tant que j'eus des tuteurs et des roues pour me porter,

j'avançais. Il me fallut une aube solitaire pour

découvrir combien j'étais un éclopé, un interminable douteur.

 

Père, si vous saviez comme je m'ai en horreur.

 

 

 

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 15:07

 

 

P1130236

 

 

 

Le Garçon qui avait inhalé un fruit de houx rouge

 

 

 

Si pauvrement parcellaires sont mes souvenirs de petite enfance !

grains de sable d’un rivage lointain et mort que j’eusse conservés

sans le savoir dans mes poches, feuilles arrachées d’une romance

Dont je ne pourrais malheureux ! Plus reconstituer la trame passée

 

Il y avait ce me semble au beau milieu de mes épiques bagarres

De récréation, ce garçon triste aux yeux chassieux là bas solitaire,

méditatif sur le banc, dont la gravité me pétrifia sans crier gare

et ces papillons sinuant dans les houx que je broyais dans ma main fière

 

Il y avait cette souris que j’enterrais avec toute la piété de mes 5 ans

Dans la terre sableuse du jardin de la vieille ferme de Loon Plage

Et ces élans de générosité ignare pour les mendiants clinquants

Sur le chemin de l’école, à qui je donnais radieux tous mes sous d’enfant sage

 

Il y avait ces musiques que dévidaient les radios et les transistors

Dont j’acceptais toujours béatement les rythmes, tous ces morts

Qui ne me faisaient pas pleurer, la vieille folle du quartier qui me poursuivait

Un soir et je courus comme si un fléau atroce aller me dévorer

 

 Il y eut un beau jour  cette oreille  en sang qui me tomba de la tête

 parce que solipsiste, j’avais eu l’heur d’en éprouver la réalité bête

 contre les dents d’un mur du préau je ne sais même s’il me coûta un pleur

Ce lobe qu’on me recousit, premier rendez vous avec la douleur

 

Il y avait ces frères trop tard venus, qui n’empêchèrent pas ma solitude

Tout ce confort dont j’étais indifférent, ces odeurs diverses dont l’étude

traumatisa mon nez, antichambre toujours ouvert de ma mémoire,

ce trop peu de mot pour désigner le monde dans ses détails infinis

Et puis la peau, la peau de certaines filles dont le frôlement inouï

Laissait supputer qu’un jour elle serait le centre de la volupté et de la gloire

 

Il y eut surtout cette aventure saugrenue qui fut la source

De ma singularité : ce houx  mystérieusement planté

Dans le désert d’un samedi d’école, ce houx dont j’enfonçais

Par quel inexprimable désespoir le fruit rouge dans mon nez,

et qui jamais n’en ressortit

 

Je devins alors le garçon qui avait inhalé un fruit de houx rouge

Et le poison qu’il sécrète me change lentement en ce que je suis


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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 14:54

 

astre mort

 

 

 

Le Roi Guignon

 

 

 

C’est le Roi-Guignon nyctalope

Qui m’a trouvé, là, dans la nuit,

En tel triste bar interlope

Bavant d’ivresse, saoulé d’ennui…

 

Je contais fleurette à ma chope

Quand il entra sans faire de bruit.

Les gueux bâfraient leurs escalopes,

Chacun au fin fond de son puits.

 

Lors le Roi Guignon Nyctalope,

Au costume rincé par la Pluie,

S’assit près moi, puissant cyclope,

Ebranlant la table de buis.

 

Moustachu comme le grand Procope,

Cet être tout de muscles construit

Me fit l’effet d’un vaste hallope

Tombé sur moi, et m'ayant pris !  

 

« J’ai traversé toute l’Europe

Pour enfin condamner celui

Que tous les malheurs rendront myope

Sur qui le mal prendra appui. »

 

J’ai la sagesse d’un Esope ;

Saches  que c’est toi qui fus déduit

par mon jugement de microscope ;

L’enfer commence dès Minuit !"

 

Comme j’étais au Fantasmascope

Où le pire alcool conduit,

N’oyant qu’absurdes apocopes,

Je demeurai coi, interdit.

 

Je lui proposai une chope

A boire entre virils débris,

Pour qu’en le kaléidoscope

A mon instar niais il rie.

 

Piteux qu’un amour mort éclo-

-Pait depuis 3… Je m’étendis

Sur la belle aux cheveux d’égilope

Qui m’avait tendrement trahi.

 

Mais ouvrant gueule d’héliotrope,

Le Guignon bien fort répondit :

« Semblable à la belle antilope

Qui du plus loin le fauve fuit,

 

 La Joie te fuira ; que salope

toute ta vie, que frappe à l’huis

de ton toit sans fin - Pénelope

de ton malheur-  mon mal prédit. »

 

Comme résonnait un be-bop

Au timbre morne, affadi,

Je m’affaissai, et la varlope

Du sommeil noir m’anéantit.

 

Mais depuis que le Nyctalope

Et grand Roi Guignon m’a choisi,

Oh Dieu, ce que j’écope, j’écope ! 

Et j’ai gémi jusqu’aujourd’hui.

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 12:06

PICT0811

 

 

Dégonflement


Elle est étrange, cette matinée morne,
où dans mon humide jardin en broussaille,
deux trois litornes s'abreuvent et piaillent
parmi les orties, sans se soucier de moi.


Elle est étrange, cette vague grisaille
qu'arbore le ciel, comme une femme qui aurait
tiré un rideau sur l'azur de sa beauté
ce soleil timide et cette douce pluie gentille

qui me laissent coi.

Le café ne secoue plus ma langueur.
Vainqueur de rien, soumis, mon cœur
est comme barbouillé de satiété.

L’œil à la fenêtre, je croque une pomme sure
au goût triste du néant, de la pourriture future,
et je sens la décomposition œuvrer
sans fin en moi.

Ma lymphatique jeunesse a passé.
J'accède à l'âge des dégoûts mornes,
sans souvenir perçant, sans espoir qui m’aiguillonne.
Me voilà, gisant sur ma chaise longue,
et je suis fraîchement veuf, incapable de chagrin.
 

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 12:04

 

 

La Ténèbre que nous avons choisi


Chaque jour encaisser
le camouflet des désillusions
Des trahisons amicales, des crachats bien intentionnés
et des lâchetés inexpugnables
Marche à contre cœur ou enthousiaste
Dans l’âpre technopole et ses grouillantes castes
avec La médiocrité qui colle toujours plus à la peau
Et la fraternité toujours plus impalpable

Chaque jour encaisser
La faim la soif  l'aboi de la chair

et les défécations
À peine maquillés de rites auxquels
Personne ne croit mais que chacun maintient
Le mensonge ferme qui sauve temporairement
Comme un dôme qui protégerait de la vérité
O Fantômes de ce qui eût pu être fait !

La barbarie épuisante
Qui s’instaure dans toutes les têtes
Des orgies avec les passants en fête
La nausée de soi qui gonfle et se dégonfle sans fin
Les trônes obscènes qui suppurent d’orgueil
Les envols ratés les chutes lamentables
Les exterminations joviales
La pitié qui s’étiole

Le mystère du monde s’épaissit
toujours plus


Seigneur prend pitié de notre
Longue marche
Dans la ténèbre
que nous avons choisi

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 15:49

tigre

 

 

Cassandre Affolée

 

 

Tu crèveras, Sale Vieille Europe boursouflée de confort !

Tu crèveras à la semblance d'un vieil abcès

au couteau des nations d'Orient bientôt exaucées

 

des armées de soumis font tourner au prix fort

la lourde roue des siècles en son grincement barbare

La sueur paie, la cruauté adoube d'autres empereurs

il n'y a plus que toi pour admirer tes beautés vermoulues

 

Des tyrannies fantastiques s'annoncent à l'horizon mort

de tes ordinateurs EUROPE

tes enfants réapprendront bientôt dans leur viande molle

ce qu'est un serf un fouet  un coolie éreinté

le labeur atroce des Pyramides

le prix sanguin des libertés

le coût pharamineux des renaissances

 

Sale vieille Europe blonde obèse affable et décatie

rêveuse recluse dans ton Versailles hagard vidé de sens

trottinant sur le taureau sénile de ta prospérité

 

les hordes arrivent dans leur discipline de métal

les continents tremblent

l'herbe ne repoussera plus

 

Tu humes encore l'arôme fané de tes jardins pourris

de ton romantisme momifié de tes papautés en ruines

Des Khans sur leurs éléphants d'airain

promptement viendront mettre à sac

tes châteaux languissants et tes villages assoupis

t'agenouilleront devant leurs bouddhas immondes

1000 Attila viendront retourner toutes tes croix te ravir

 

et tu croupiras Europe

tu croupiras

dernière putain lunaire

dans l'opium des harems d'Huhehote

 

puis Tu crèveras sale vieille Europe boursouflée de confort

à la semblance d'un vieil abcès

pour le salut de l'Humanité

et la juste ironie de l'Histoire

 

 

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 14:47

IMG 1102

 

 

   流浪者

 

 

 

                             " 只为觅得自由,你将会挨饿"

                             E. Cioran

 

 

浑不知,自己已绝食数日

 但见那,无数冷若冰霜的脸庞

几净公园,有的悠闲散步,有的牵着爱犬遛弯,消磨那甜蜜的无聊;

而他,正蜷缩着躯壳躺在一棵温情的古树下 

 直到深夜,他仍在乞讨

.繁星漫天,皓月当空,如此良辰美景

红莓!上帝之礼,他饥不可待

 整宿,倾听着自个儿辛酸的内心

死亡何能击败这铿锵的心跳

蓬头垢面,衣衫褴褛,他不时的颤抖着

阳光赐予了他力量

人必须活下去!但活着是为何?

 有比流浪者的生活更凄惨的吗? 

 原因无人知晓,他起身狠狠的跺了一脚

这场漫无目标的游荡中,这个人沦陷了

 他胸有全部责任

他背井离乡,远亲别友,选择黑夜匍匐至那起,渺无音讯

饥饿早已再次侵袭

偌大的城市,喷泉,长凳,却不见好心人,香面包,不见!

生命是一场战斗独行侠不可能胜利。

附近有个烟店。

坠下瞬间 他梦见湖泊,高山,森林,亚洲,伟大..

此刻,他身处芸芸众生之中

除了饼香,了无他挂.

 

 

(Edouard Dupas/华志媛)


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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 14:38

 

하이쿠

 

 

*

 

밤새도록

내 침대는 나를 비웃었네

여전히 여자는 없구나

 

 

*

 

저 하늘 별들의 야단법석

24번 버스 노선

나는 왜 사는가 ?

 

 

*

 

 

그 어느 때보다 고독하게

다락방에 놓여

나는 달과 함께 술을 마신다.

 

 

*

 

도시를 방황하며,

한 마리의 개처럼 굶주린다.

이 달을 맛볼 수 있다면!

 

 

*

얼음낀 보도위

이 얼어붙은 발걸음

그의 병에 담긴 와인 역시 얼어붙었다네

 

 

*

 

겨울아침

들판의 가시철조망 위

한 마리의 새가 미소로 꼼짝못하게 하네

 

 

*

 

머릿결을 따라

청춘의 모든 환상이

떨어지네

 

 

*

 

빌라에서 홀로 식사를 한다는 것은

절대적인 풍요

절대적인 빈곤

 

 

*

 

잠의 망치

너는 왜 항상 나를 털어내 버리는데

이토록 오래 걸리는 거니?

 

 

 

(Edouard Dupas/Kim Yeon Ji)

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 19:37

le reve

 

 

Fourmi Humaine

 

 

D'humiliations stériles

en défaites ridicules

 

de soumissions cuisantes

en échecs sans leçons

 

de rêves ruminés

en démentis de braise

 

Je vais

mon minuscule

chemin de croix

 

ma passion sans pain ni sang

dans la multitude opaque et nulle

dans la foule impénétrable

 

fourmi humaine

aux antennes un peu trop dardées

vers le ciel

sous les semelles toutes puissantes

du Destin, pour l'heure clémentes

 

et sans savoir pourquoi

je rechigne à renoncer

à mes précieuses souffrances

 

je vais mon minuscule chemin de croix

je vais

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