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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 11:00

  fille-touareg.jpg

 

 

l'Ingénue d'Alger

 


Allah lui a donné

pour entrer en ce monde

et croître en son sein

 

une brute immonde pour père
une sainte soumise pour mère

les tours d'Alger

là où dense, fourmille

la misère docile

venue des quatre coins du désert

sous l'Azur figé

 

le féroce patriarcat qui cloture les vies

et torture et noue le désir

 

elle a des yeux gorgés de malice de bonté

taillés  pour emplir un voile de doux mystère

des yeux d'enfants que les pieux de la sagesse

n'arrivent pas à crever

 

un satin de peau noir pour attiser la main mâle

l'élan juvénil peu à peu conquis par la féminité


elle porte le fardeau double

de seins somptueux de volupté

et c'est fardeau bien lourd
pour une si légère petite âme
de petit chardonneret

 

même l'exil en l'Europe cynique

les larmes sanguines

(qui pleurent la mort de l'enfance)
n'ont pu déflorer son innocence

 

elle ne voit pas le temps qui dépèce la foi  

elle ne voit pas l'inextricable jungle du cauchemar civil

elle ne voit que bien et mal lutter grossièrement

elle lit sans conscience

 

elle croit à la bonté du sucre au miel des paroles

qui voilent à peine la concupiscence mâle

 

au beau milieu des cruautés de Roubaix

elle dort  encore avec des peluches
qui sont ses bouées de lumière
dans l'immense mer de la Nuit

elle rêve et rêve à la tente protectrice d'un cheikh
bienveillant qui l'élèvéra mère

et chassera de son cimeterre

tous les djins souffleurs de doute

douce palmeraie du fanatisme

 

elle croit que les achebs de joie

qui  parsèment le désert de ce monde

sont fait pour durer

 

oasis de bonheur somnambule

je prie qu'un jour

elle nous rejoindra enfin au purgatoire

des heureux désabusés

ornière de l'enfance
vouée au viol

à la faillite des rêves

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 12:10

Du cap malheureux à Curepipe   


                               "lambeau chétif de gouvernement"(...)
                                                     Norge



Du cap malheureux à Curepipe
je me faisais tailler des pipes
par des jeunettes mauriciennes
tristes comme l'océan indien
elles mêlaient à mon jus de honteux chien
leurs larmes leurs larmes d'obsidienne

Du cap malheureux à Curepipe
je frottais ma lippe contre la lippe
d'une nymphette mauricienne
je mordais d'une dent transie de peur
son sein ses seins de pamplemousse
  craignant que pénétrant la couche
elle n'aille s'imaginer un Soleil

du Cap Malheureux à Curepipe
la femelle rêve de toutes ses tripes
à s'enfermer dans un tridacne sûr
elle, elle seule et  son prince-conque
elle rêve hargneusement férocement
à s'enfermer dans un tridacne sûr
dans les eaux où rien n'arrivera jamais

du cap malheureux à Curepipe
je défendis mon doux principe
que la femelle n'est pas une perle
que je garde en une huitre jalouse
tout est sable ici bas tout est sable

on ne gouverne pas des chateaux de sable

l'ilang ilang est fait pour offrir
sa vulve parfumée au monde entier

du Cap Malheureux à Curepipe
les jeunettes traînent leur spleen en fripes
cousent et recousent la natte nuptiale
 dansent la sega aux premiers venus

et la nuit folles elle rebâtissent

 grain après grain leurs rêves de sable

Au cap malheureux à Curepipe
aux bars où ma solitude s'agrippe
en Silène en clairvoyant Œdipe
je rabâche le souvenir d'une guenipe
qui taillait de singulières pipes
en croyant à l'amour des héliotypes
au lieu d'épouser le vent


 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 23:12

vautours

 

 

Je hais la Poésie

 

 

                                 "Allez, allez en prison ! En prison pour médiocrité".

                                                H. de Montherlant

 

                                  "Il faut avoir un os, ne pas avoir peur de montrer l'os"

                                                    A. Artaud

 

 

 

Je hais la Poésie

qui ne va pas au puits de la Cruauté

qui n'ensanglante rien

d'une parfaite innocuité

celle des dagues en caoutchouc

 

Je hais la Poésie

qui ne me pousse pas dans le Précipice

de la Métaphysique

qui ne me cloue pas au cauchemar

des labyrinthes marécageux

 

Je hais la Poésie

des avachis des biens repus

des anarchistes bibliothécaires

 

Je hais la Poésie

qui ment mal et parle trop bien franc

qu'on me donne gratuitement

comme un journal truffé d'excréments

 

je hais la Poésie

qui n'a que soie et luxe d'Empires

pincettes et rince doigt à la bouche

qui n'a que disette tchadienne

mangeurs d'écorce et 

buveurs de salive en tête

 

je hais la Poésie

des Tantales touche à tout

des érudits obsédés

qui se claquemurent dans un dé

 

je hais la Poésie

qui ne prend pas la peine de gifler

mon hébétude machinale

qui ne m'arrache pas des mains

mon pauvre déambulatoire

 

je hais la Poésie

du psittacisme des poupées

du solipsisme de bidet

du catéchisme et du Solfège

 

je hais la Poésie

des moucherons pris dans le miel

mortel des bons sentiments

qui écrase toutes les araignées

de sa mauvaise conscience

 

Je hais la Poésie

qui n'est pas innervée de douleurs

dans tous les muscles de ses mots

 

Je hais la Poésie

qui ne dénonce pas son auteur

qui ne l'épulpe pas d'un pouce

 

je hais la Poésie

qui n'est pas un peu

masochiste ou cannibale

 

je hais la Poésie

des braves gentlemens volontaires

des architectes laborieux

des mineurs de fond de la Phrase

 

je hais la Poésie

qui ne se laisse pas malaxer

par les mains sûres du Non Agir

 

je hais la Poésie

qui dans le bol de sa sueur

ménage fadeur et piment

 

je hais la Poésie

qu'un taureau d'idéologie

sodomise ouvertement

 

Je hais la Poésie

au garde à vous quand passe l'inspection

des généraux de la Tradition

 

je hais la Poésie

qui craint les oubliettes

autant que la postérité

 

je hais la Poésie

qui ne met pas le feu

dans la Caverne de Platon

 

je hais la Poésie

au squelette reposant

sur un tuteur évident

dont ne serpente pas assez

la colonne vertébrale

 

je hais la Poésie

qui n'a pas la mutilante discipline

des contorsionnistes chinois

 

je hais la Poésie

qui ne s'aventure pas assez

hors de son Bunker de Confort

 

je hais la Poésie

qui n'a ni foutre ni cyprine

la vulve ligaturée

et l'urètre rebouché

 

je hais la Poésie

qui ne danse pas sur ses trois pieds

au carnaval des Menteurs

 

je hais la Poésie

qui ne fait pas rager de jalousie

tous les aspirants poètes

 

je hais la Poésie

qui ne m'arrache pas les mots de la langue

 

je hais la Poésie

qui n'a pas macéré assez

dans le vinaigre de la tristesse

 

je hais la Poésie

qui ni ne titille pas les plaies

de nos chairs ankylosées

 

je hais la Poésie

qui néglige le Malin

autant que le crucifié

qui venère Lilith 

en pleurant  d'Avilla, Saint François

 

je hais la Poésie

qui ne fait que des prisonniers

et n'éventre pas le Vide

qui ne prépare pas de potences

qui ne hurle pas nos souffrances

jusqu'aux oreilles de Saturne

 

je hais la Poésie

qui n'est pas fruit d'Amok ou fruit d'Amour

cendres ramenées des dernières

tranchées du déséspoir

 

je hais la Poésie

qui vit recluse à la Faculté

des bousiers inoffensifs

 

je hais la Poésie

qui ne trahit pas sa patrie

pour qui les frontières sont plus que des sons

 

je hais la Poésie

qui ne hait pas et fait sienne

ces haineux commandements

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:04

IMG 1102

 

 

Sous les ponts de la Meuse

 


Sous les ponts de la Meuse

en les jours bleus de Mai

 

sous les ponts de la Meuse

j'ai vu

j'ai vu scintiller les bourelets
 sans fin du fleuve gluant

j'ai vu l'incivique urination
se répéter sans passion

 

sous les ponts de la Meuse

 

un homme maigre, marmoréen,
diffuser d'une aiguille
la mélasse blanche du malheur
dans sa veine
en pleine après midi se glisser dans la mort
avec la tranquillité d'un mangeur de gaufres

j'ai vu la nymphe congolaise
à la croupe de boulets de canon
 faire la génufléxion
pour confesser les aspics
de vieux bourgeois

belges et cyniques

 

sous les ponts de la Meuse


j'ai vu les femelles rouler les landaus
d'enfants pour qui nous ne serons rien

j'ai vu défiler les écoliers poupards
promis aux lendemains obèses

j'ai vu piétiner les employés
dans leur bonheur quadrilatéral

j'ai vu perdre haleine les joggeurs
courant après la santé
comme des ânes après la carotte

j'ai vu les idiots avinés
épulper une gueuse jeunette
en échange d'un vrai sourire

 

sous les ponts de la Meuse

 

j'ai vu cent mille brebis égarées
dans la religion


j'ai vu les hommes vieillir en pleurant

refuser de mourir comme Gilgamesh


j'ai vu des vauriens matamorer en Margraves
alors qu'ils étaient les esclaves d'une cannette

j'ai vu la flicaille hilarde
menotter des saints noirs incompris

j'ai vu le scolyte lubrique
faire son trou
dans le bois tendre de l'enfance

J'ai vu la vieille solitaire pleurant
la mort de son mâtin

sur un banc souillé de glaviots

j'ai vu les jeunes poètes
faire les paons, faire les mainates
pour s'aliéner l'oeuvre et triturer
des cuisses

j'ai vu sous les ponts de la Meuse
un hadj fervent aux pieds pris
dans le margouillis
supplier Allah
de l'accueillir dans sa palmeraie

 

 

sous les ponts de la Meuse


j'ai vu j'ai vu

 

j'ai tant vu


que mes yeux ont soif de cécité

demain par mégarde
je me jetterai dans la Meuse
demander aux silures
si la Meuse
est bien sérieuse

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 17:30

paysage-sous-marin 

 

Pégase gazé

 


voici le temps des petites cases
où l'homme se doit d'être minuscule
pour mériter pain et gîte

termitière féroce
termitière d'airan
les divagations
ne sont pas de mise ici

malheur à qui, gonflé de savoir
et de rêves, ne sait plus rentrer
dans aucune case

la termitière ne change pas
les dimensions de ses cases
l'homme doit se faire minuscule

châtrer ses rêves
cacher l'érudition curieuse
la comprimer comme on peut
dans la boîte à ressort de l'être

voici l'ère des petites cases
chacun fait une chose petite et précise
sa petite chose qui est
 sa petite aliénation particulière
impartageable sa croix de terre

je ne sais pas faire une chose
je sais rêver que j'en sais faire plusieurs

la termitière se passe bien
de ceux qui ne l'alimentent pas
mais vivre commande d'avoir une case
dans la termitière

lointain cocon de mon enfance
lointain cocon de mes études
mon cocon était un nuage
qui toisait la termitière
qui en savait l'horreur
et les galeries absurdes

à présent dans la termitière
on me demande de faire une petite chose
je ne sais pas faire une petite chose
je sais parfois
enfourcher des nuages

dans mes rêves la termitière n'est pas
la termitière ne rêve pas mes rêves

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 17:27

 

Le travail de Bureau

 

 

L'Ennui me trépane
ah si pouvais fuir son atelier;
l'Ennui me trépane
sous l'étau je crie, fou à lier

où donc, homme crâne,
trouves tu la force d'endurer ?
vraiment, homme crâne,
n'as tu pas le crâne mâchuré ?

ce n'est pas l'idoine
que la cage abstraite d'un bureau
ce n'est pas l'idoine
c'est le pis aller, c'est le garrot !

comme l'on se damne,
quand on est comme il faut et bien droit !
comme l'on se damne !
je suis trop chaud pour être si froid !

J'ai quelque espoir d'âne
d'échapper à l'égout salarial
j'ai quelque espoir d'âne
de partir par un train boréal

peau de frangipane,
amour choisi, m'accompagnes tu ?
peau de frangipane
danserons dans le vent comme fétus

qui lévite, qui plane,
comme martinet ou raie manta
qui lévite, qui plane,
se joue du joug vil des potentats

L'Ennui me trépane,
fourrage ses mains dans mon cerveau
l'Ennui me trépane
où, où s'arrêteront ses travaux !

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:26

en locean

 

 

Le retour des argonautes à Dunkerque

 

                                                        "Rageur, courageux Dunkerque"

                                                            E. Looten

 

 


Quand Soleil et Lune s'aboucheront enfin
Nous accosterons sur le quai vide
des tripatouillages mythologiques
les haleurs accouplés
n'auront ni souci de notre cent mâts
ni de notre croisière
ni de combien de morts...
On nous tournera le dos parce qu'
ils auront déjà défruité nos femmes
repeuplé Dunkerque
etc
l'absoute aura été dite depuis des siècles
la mer ils ne la percevront plus que comme
un tombeau immense et oubliable
ils abhorreront les embruns
auront les bajoues des scélérats
ils seront des scélérats

traîtres au port
des imbéciles abdicataires
abandonniques abâtardis
achoppant sur le quoi faire des banlieues des mouches des saxifrages
à peine se murmurera t-il encore les noms
de Vanstabel ou de Jean Bart
dans les tavernes répudiées
par le phylloxéra de la Modernité
Dunkerque se sera abcédée

ne pleurez pas équipage
argonautes abstèmes
marins acéphales
nos abdomens à jamais luiront des souffrances
des grains des pluies d'abat des maelstroms des disettes endurés
parce que nous avons écrit notre Odyssée
avec l'encre de la mer mêlée à notre sang
nos cales glorieusement enflées
abrient ce que notre vaillance a arraché au monde
les chimies chiliennes
les algues obscènes,
l'or des morues
les blés hollandais
les conques abstruses
et les bougainvilliers
le confort ne nous a pas mitigé
sains océans bénie soit votre impitoyable méthode
Au vieux port nous saurons quoi faire d'eux
nous les resalerons à flots
nous les égorgerons au morfil
nous les pendrons aux orins
nous les réduirons en darnes
nous les confierons aux bons soins des cachalots
et la Tour du Leughenaer rebandera
nous repartirons à l'abordage de cette garce cité
car dans les darses de sa moelle
,même quand elle se cambre pour les puissances terrestres
Dunkerque est la
sirène de proue
qui crie  sa jouissance aux flots
celle qui ne rêve qu'à la course corsaire
souillant son étoile
ne lâchez jamais l'ancre
 rendez lui sa morbidesse !

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:21

aral noir blanc

 

 

Résignation


J'ai renoncé à être l'épure de moi même...

Alors... Me voici,
tel que l'ascèse des péchés m'a rendu
effarée, aboulique, stupide
créature
sans queue ni tête
ni achevée ni commencée
perdue dans le temps, dans l'espace
sordide masse honteuse
que rien n'abonnira plus

me voici talitre énorme hantant ces rues de vase
où l'homme ne finira jamais de hurler sa barbarie.

Me voici,
avec la lourde écaille de mes vices,
avec ce cœur spongieux
gorgé des eaux du caniveau
ce cœur flasque
que mon prochain a pressé tant et plus,
trempé mille fois
dans les seaux de l'horreur

Me voici
avec ces pensées obscènes,
chauves souris des  cavernes mentales
avec mes canines jalouses, mes ongles envieux,
mon ventre avide de sucres destructeurs
l'appendice désespérément tendu vers d'insensées orgies,
avec cette crête d'arrogance dimétrodienne
qui longe ma colonne vertébrale retorse

Me voici, spectre infâme, tas de tout,
couronné du dégoût de moi même
fuyant pour toujours les miroirs
qui scrupuleusement me renvoient mon abjection
 à la figure...


J'ai renoncé à être l'épure de moi même...

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 16:37

  en-locean.jpg

 

 

  En l'Océan...

 

 

En l'Océan de cette Vie, vogue mon navire,

sans plus d'autre gouvernail que ton désespoir !

Vogue sous l'oeil du jour, et sous les yeux du soir,

ta petite voile gonflée des vents du délire.

 

Sur les flots ravageurs danse l'écume jolie.

Ce jour les vagues propices te roulent loin;

Vers de divins vinlands te guide le marsouin

 Virgile, suivi depuis le port de Folie.

 

A la fortune des mers, creuse ton sillage,

ton esprit aux chansons des sirènes rétif,

ton safran se jouant des perfides récifs;

 

Aux antipodes s'amoncellent maints orages

qui ont juré ta perte. L'eau, le plus patient

des éléments, sait ta fin. Mais, va, insouciant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Edouard Dupas - dans MON CRU
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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 16:25

 

rashad.JPG

 

 

Rashad l'Oasien

 


Le pieux d'entre les pieux n'est jamais qui l'on croit.

Rashad l'oasien sur tous les pieux des sables surenchérit.

 

Le tonnerre de l'islam a retenti dans sa jeunesse

il n'en est point revenu.

 

Que le musulman civil réfugie sa vilenie dans le simulacre
de la mosquée du zaqat, du jeûne ou du derviche
et ne s'empêche de vivre comme un chacal

que même au plus profond de la prière

la chair des nubiles l' obnubile
cela Rashad ne l'a pu admettre.

Exilé de Riad pour son excessive droiture
sa soif trop vaste des vertiges de la foi

qui effarait jusqu'aux soufis

Rashad est parti

il a dominé les sables infinis du Rub Al Khali
sur Un colossal et sombre Bactriane

qui lamperait des mers
et qui jamais ne blatéra.

Fors ses rouges calebasses
pleines du sang des impurs
qui ont rythmé la traversée des dunes
il n'y eut aucun bruit.

Rashad était absolument seul avec Allah

dont la voix était le reflet solaire sur son cimeterre...

 

Rashad a erré dans les villages

dans les oueds, dans les souks,

bardé de hadiths irrécusables
planté dans son crâne comme des piliers
des hadiths
qui font s'effondrer la machinerie des consciences
et perdre les êtres dans le désert d'eux même

 

Rashad ne vit que pour détruire les

oaristys entre Satan et les hommes

et  jetter la lumière du divin partout

tant que sur la terre s'immiscera l'ombre

il faudra la nettoyer

forçat du ciel

la sainteté est encore une médiocrité

Le djihad  horizon inapaisant


sa bouche ne s'ouvre que pour cracher
des objurgations

Rashad l'oasien

obligé de Dieu

seule la mort saura le juger

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