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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 18:59

Bryan-Thao-Worra-2-IFP

 

Bryan Thao Worra (1973-)

 

Le Danseur présente l'un de ses aspects

 

Nataraj-the-Lord-of-dance-v.jpg

Je suis Shiva, je suis Kali,
l'oiseau que vous ne voyez jamais je suis
avec des énigmes infestées, remplies de rêves
je suis le cadavre qui pollue la rivière sans trêve.
Je suis l'ange aux yeux de suie, au souffle empoissé
Je suis le chien que tu avais trouvé au bas du fossé
je suis l'appât de l'enfant, suspendu dans la pénombre
je suis le souvenir d'Elle, enterré dans la tombe.
Mes mains sont les nouures d'une vigne de jade moribond
mes pieds sont les feux éteints par le vin du vagabond
mon coeur est la roue, qui écrase la route.
mon baiser, mon crachat, dons de mes lèvres, la demeure qui coûte,
mes côtes sont les espars sur lesquels poussent des fleurs
mes os sont les attaches que les sages connaissent par coeur.
mes yeux sont les conquérants qui chevauchent dans la nuit,
mon cri le rire des enfants nés à nouveau hors de la vie
plaqués au sol pour paver mon acte éternel.
Tu essaies de fuir ?
Je suis le Danseur, je suis la Citadelle.

 

traduit de l'anglais par E.Dupas

 


 


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:45

 

bukowski1

 

Charles Bukowski (1920-1994)

 

Jeune à la Nouvelle Orléans

 

Ici à crever la dalle, assis autour des bars,

la nuit errant dans les rues pendant des heures,

le clair de lune m'avait toujours l'air faux,

peut être qu'il l'était,

et dans le quartier Français je regardais

les chevaux et les fiacres passer,

tout le monde haut perché dans les carosses

ouverts, avec le chauffeur noir, et assis derrière

l'homme et la femme,

en général jeunes, et toujours blancs.

Et j'étais toujours blanc

et à peine charmé par le monde.

La Nouvelle Orléans était un endroit

où se cacher.

Je pouvais foutre ma vie en l'air

sans être inquiété,

excepté par les rats.

Les rats dans ma petite chambre sombre,

ça leur déplaisait de devoir la partager avec moi.

Ils étaient gros et intrépides

et  me fixaient avec des yeux

qui parlaient sans ciller

de la mort.

 

Les femmes m'étaient inacessibles.

Elles voyaient quelque chose de dépravé en moi.

Il y avait une serveuse

un peu plus vieille que moi,

qui me sourit et s'attarda

en m'apportant du café.

 

C'était déjà beaucoup pour moi,

c'était suffisant.

 

Il y avait quelque chose avec cette ville,

bien qu'elle ne m'ait pas laissé me sentir coupable

de ne pas être bouleversé par les choses

dont tant d'autres avaient besoin.

Elle me laissa seul.

 

Assis sur mon lit

les lumières allumées,

à entendre les sons

de l'extérieur,

à soulever ma bouteille

de vinasse bon marché,

laissant la chaleur 

du raisin

me pénétrer

tandis que j'entendais les rats

se déplacer dans la chambre;

je les préférais aux humains.

 

Être paumé,

être fou, ce n'est peut être 

pas plus mal

si l'on peut être tranquille

de cette façon;

 

La Nouvelle Orléans m'a donné ça.

Personne ne m'a jamais appelé par mon nom.

 

Pas de téléphone,

pas de bagnole,

pas de boulot,

rien.

 

Moi et les rats

et ma jeunesse,

une fois,

ce temps où je savais,

que même à travers le néant,

avait lieu la célébration

de quelque chose

qui n'était pas à faire,

mais seulement

à savoir.

 

traduit de l'anglais par E.Dupas

 

 

 

 

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:35

richard brautigan

 

Richard Brautigan (1935-1984)

 

 

Monument aux morts de la Fièvre

 

J'ai traversé le parc pour me rendre au monument aux morts de la fièvre.

Il était au mlieu d'un carré de verre entouré

de fleurs rouges et de fontaines. Le monument

avait la forme d'un hippocampe et sur la plaque on lisait :

Nous avons eu chaud et nous sommes morts.

 

traduction:  E.Dupas

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:09

richard brautigan

 

Richard Brautigan (1935-1984) 

 

 

Frontière de la Pieuvre

 

1

 Un palais des plaisirs

 à la frontière de la pieuvre.

 C'est peut être là

 la réponse. 

 Une putain à huit bras

 dans la cabine

 d'un navire naufragé,

 les murs couverts

 D'images obscènes de pieuvres.

 Elle me fait signe.

 Passion et gin.

 Pourquoi pas ?

 

2

  Une ferme

  à la frontière de la pieuvre.

  Peut être est-ce là

  la réponse.  

  Un attroupement de poulets

  en face d'une cabine

  au fond

  de l'océan.

  Ils semblent satisfaits

  à gratter dans le sable

  pour des huîtres.

 

traduit de l'anglais par E. Dupas

 

 

 
 
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:01

richard brautigan

 

Richard Brautigan (1935-1984)

 

Roméo et Juliette

 

Si tu meurs pour moi,

je mourrai pour toi

et nos tombes seront comme deux amants

lavant  leur linge ensemble

au lavomatic

si tu apportes le savon

j'apporterai le décolorant

 

traduit de l'anglais par E.Dupas


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 15:50

richard brautigan

 

Richard Brautigan (1935-1984)

 

Etoile du Poker

 

C'est une étoile qui ressemble à

un jeu de poker au dessus

des montagnes de l'Oregon occidental. 

Il y a trois hommes qui jouent.

Tous sont  bergers.

L'un d'eux a deux paires,

les autres n'ont rien.

 

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 15:11

richard brautigan

 

Richard Brautigan (1935-1984)

 

Moins de Temps

 

Moins de temps qu'il n'en faut pour le dire,  moins de larmes qu'il n'en faut pour mourir; j'ai pris toutes les choses en compte, et voilà. J'ai fait un recensement des pierres, elles sont aussi nombreuses que mes doigts et quelques autres;  j'ai distribué quelques pamphlets aux plantes,  mais toutes n'étaient pas désireuses de les accepter. J'ai gardé de la compagnie avec la musique pendant une seule seconde,  et maintenant je ne sais plus quoi penser du suicide, car si jamais je voulais me séparer de moi même, la porte est de ce côté, et,  ajouté-je malicieusement,  l'entrée,  la ré-entrée, est de l'autre. Tu vois ce qu'il te reste à faire. 

Des heures, du chagrin,  je ne garde pas un compte raisonnable;  je suis seul, je regarde à la fenêtre,  il n'y a pas de passant, ou plutôt personne ne passe (souligne "passe"). Vous ne connaissez pas cet homme ? C'est Monsieur Lemême. Puis-je vous présenter Madame Madame ? Et leurs enfants. Alors je retourne sur mes pas, mes pas retournent aussi,  mais je ne sais pas exactement sur quoi ils se retournent. Je consulte un horaire; les noms des villes ont été remplacé par les noms des gens qui avaient été proches de moi. Devrais-je aller vers A, retourner à B, changer à X ?  Oui, bien sûr je changerai à X. Sous réserve que je ne rate pas la correspondance avec l'ennui ! Nous y voilà : l'ennui, les belles parallèles,  ah ! Que les parallèles sont belles sous la perpendiculaire de Dieu.

 

Traduit de l'anglais par E. Dupas

 

 


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 14:53

richard brautigan

 

Richard Brautigan (1935-1984)

 

Je vis au vingtième siècle

 

Je vis au Vingtième Siècle

et tu es allongée ici à côté de moi.

Tu étais malheureuse quand tu t'es endormie.

Je ne pouvais rien y faire. J'étais désespéré.

Ton visage est si beau que je ne peux pas m'arrêter

pour le décrire, et il n'est rien que je puisse faire pour te rendre

heureuse pendant que tu dors.

 

traduit de l'anglais par E. Dupas

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 14:24

richard brautigan

 

Richard Brautigan (19835-1984)

 

Un Bateau

 

Ô si beau

était le loup-garou

dans sa forêt maléfique.

Nous l'emmenâmes

au carnaval

et il se mit à pleurer

quand il vit

la grande roue.

Des larmes électriques

rouges et vertes

coulèrent sur 

ses joues velues.

Il ressemblait 

à un bateau

voguant dans les ténèbres.

 

traduit de l'anglais par E.Dupas

 

 

 

 


   

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:46

richard brautigan

 

Richard Brautigan (1935-1984)

 

 

Ton ami poisson-chat

 

Si je devais vivre ma vie

sous les formes d'un poisson-chat

dans des échaffaudages de chair et de moustaches

tout au fond d'un étang

et si tu passais par là un soir

où la lune eût brillé sur ma sombre demeure liquide,

 te tenant là, au bord de mon affection,

à penser "comme c'est joli ici, près de cet étang,

 je voudrais bien que quelqu'un m'aime"

 alors moi je t'aimerais,

je serais ton ami poisson-chat

je tirerais hors de toi

de si solitaires pensées

et tout à coup, tu serais en paix

et tu te demanderais :

"Est-ce qu'il n'y aurait pas

des poissons-chats dans cet étang ?

Cet endroit à l'air parfait

pour eux."

 

traduit de l'anglais par E.Dupas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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