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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 16:19

 

gupta.jpg

 

 

 

Gupta (conte)

 


La jungle.
Verdoyant  luxuriant dédale
que cingle
à doux grains une averse tropicale.

La lune
oint de blancheur hibiscus et lycastes,
chacune
des clairières animales et chastes.

Une frêle
silhouette sombre a tout à l'heure passé.
Il ou elle?
les empreintes seront tantôt effacées.

Un cobra
noué au tamarinier sait ce drôle.
C'est Gupta,
le fol hindou,malheureux paria des Bâuls,

qui s'enfuit
De son village, seul, éperdu, sans espoir,
et la nuit
le cache aux yeux des fauves dans sa moire;

Car Mahbka,
l'inique maharadjah a décrété que
ce Gupta,
qui profana ses exquis jardins aqueux

ce paria
qui cherchait un fruit, affamé, sans entraves,
et vola
en impie quelques unes des royales goyaves

à l'aurore
(si on le capture) aurait la tête broyée,
mis à mort
sous la patte d'un éléphant; et choyé

celui là
qui raménerait au palais le vil profane
pieds et bras
liés :  Il faut châtier les sujets crânes.

Il gémit
et pleure dans son dhoti blanc en loques
et la pluie
se confond avec les larmes équivoques..

Des fusils
des cris tonnent, se fraient dans les épiphytes,
frénésie
des traqueurs  aux torches qui crépitent !

Oui bientôt
Gupta sera pris car les villageois obstinés
et brutaux
sont avides d'or et le veulent condamné !

Mais voici
que des passiflores jaillit l'insidieux Cobra
et qui si-
fflant, ondule autour des jambes et des bras

de Gupta.
Le Cobra parle avec le doux timbre d'un ami :
"Pauvre, toi !
tu as commis une faute et te voilà promis

à la mort.
Je suis un Dieu, et te propose remédier
à ton sort.
Offres  ta nuque pour  un reptile allié;

tu mourras
d'une douce mort, et échapperas à ta race.
Puis brillera
étoile, là haut, dans le paisible espace,

Je connais
ton âme et je sais les métempsycoses.
Tu es né
doux et simple, tu renaîtras grandiose..."

Lors Gupta,
ereinté, oyant la foule  se rapprochant,
abdiqua;
il tendit le cou au cobra compatissant.

Le baiser
fut deux fines aiguilles de volupté
qui jasaient
en lui; et le serpent doucereux tétait

en Gupta
un sang chaud reconnaissant. Tard dans la nuit
le grand tas
des villageois ne trouva qu'un cadavre épanoui :

le Gupta,
dans la mousse, travaillé déjà par la vermine sage.
On quitta
les lieux, décontenancé, et retourna au village.

Pas un seul
ne vit que le ciel comptait une étoile de plus.
Un linceul
voilait leurs yeux ; Ils ne disaient que:

"Comme il a plu" !

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commentaires

Dééééé 19/10/2011 21:22


Bien!! :)


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