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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 15:21

 aral noir blanc

 

La gelée d'Aporie

 

En filigrane de ce monde

il y a le doute incommensurable;

 

 J'envie les hommes aux racines fermes,

roseaux pensants qu'aucune bourrasque

ne fait ciller. Ils ont de la vraie sève en eux

et cette sève fait sens.  Beaux hommes !

J'envie aussi les difformes qui ne sont que

l'envers des beaux, et dont la fermeté inverse

est le revers de la médaille humaine.

Ils sont la dignité mutilée, mais la dignité quand même.

 

Moi, loin de ces admirables,    

demeure parfaitement et douloureusement informe;

éponge, glaise et chaméléon tout à la fois,

j'ai longtemps été trituré, manipulé, imbibé par mon environnement;

mais cela ne déboucha sur rien : je suis resté informe;

encore aujourd'hui

une brise, un baiser, quelques mots, un soufflet

suffisent à me défaire de ma forme toujours provisoire,

à me modifier, me sculpter, me démolir ou me remodeler tout entier.

 

Il me semble en vague souvenance (mais j'en suis peu sûr)

que, petit, je me suis laissé tombé  (ou avais je été poussé ?)  

dans la gelée d'Aporie

(qui n'est pas l'ardeur solaire de la lucidité).

 

Je ne sais plus par quel précipice j'ai chu (mais suis-je vraiment tombé ?) :

Un trou dans un livre ou une parole ou dans l'herbe,

ou le gouffre interne de la cervelle ?

mais la gelée d'aporie est bel et bien ma prison

ma prison enfantine, ma prison infinie, 

marmelade labyrinthique où mes pieds sont pris;

(ou étaient ce mes mains ? mais qu'est une main ?)

j'ai supposé alors (mais qui suis je pour supposer des choses?)

qu'il ne faudrait plus compter sur moi

pour bâtir des civilisations

des croyances fermes

ou mener des hommes au front de la vie

 

car

(il fallait s'y attendre avec une telle informité, à moins que... non... si ? non ?)

Je suis dévoré d'un doute 

centripète et centrifuge;

je doute sur moi même

je doute autour de moi

je doute sans relâche

et de ce doute même,

je doute comme un lâche.

Même ce deuxième doute,

j'en doute

et je redoute

qu'un autre doute

n'aille se superposer encore à ces doutes.

Goutte à goutte

les doutes s'ajoutent

et cela me coûte, et cela me coûte

de ne savoir si peut être...

Humaines joutes  !

sont elles ? ne sont elles pas ?

Beaux, diformes, gelée, prison, illusion ?

Un dieu me dupe ? Ou deux dieux ? dix ? 

Christ est il ? me sourit il pas ? La pierre, l'arbre,

La cicindèle, le poisson d'argent, vraiment réels ?

Solipsisme effarant ?

quelque chose indicible

innommé innommable qui nous gouverne

ou ne nous gouverne pas, ou un peu, ou beaucoup ? 

Suis je un pantin, suis je libre de mes pas ?

cette liberté est elle voulue du cosmos ou pas ?

Vivre, mourir ?

ah, je ne sais pas.

Le mieux serait peut être

de n'y penser pas

mais le fait est que ce doute est là

comme un point de côté

qui ne s'en va pas...

 

quelle déroute 

que ce doute

qui doute, qui doute, qui doute...

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 15:10

 

Voici un poète

 

                           "ça" 

                         T. Corbière

 

I)

 

Saperlipopette !

Voici un Poète.

 

Rien de bien spécial,

à première vue.

Un piéton banal

traînant dans la rue

 

d'une quelconque ville.

Il arbore un jean

c'est un parmi mille

qui bois dors et dîne.

 

comme tout citoyen,

il a nom : 14Efr46857

ou peut être :1458ZG7

 bipède moyen !

 

Mais il a en tête,

malheureux perdu,

une petite bête

qu'on n'délogera plus.

 

Ce microbe rare

mange le cerveau.

Il vous met à part

dans l'humain troupeau.

 

Parfois c'est un père

un peu trop lettré

une rime trop claire

qui vous le transmet.

 

Nul ne sait quel diable

fait qu'on le contracte;

mais c'est incurable

cette cataracte !

 

Ce virus antique

ce mal intérieur

c'est comme une tique

qui vous pompe le coeur.

 

C'est la Poésie !

maladie des fous

qui sans courtoisie

s'empare de vous.

 

De pleins bataillons 

d'hommes en sont morts;

souvent en haillons

rarement cousus d'or.

 

Elle vous rend dévôt

de littérature;

avec elle les mots

deviennent confiture

 

sur le pain de Vie,

on n'sait plus faire sans;

alors on dévie

des chemins courants.

 

Pour elle le réel

n'est qu'réalité,

et c'est criminel 

de s'en contenter !

 

Vivre en oscillant

de la pitance au

divertissement :

sous-humain, ce lot !

 

Rien ne se mesure

à la sonore Beau

-té, (ni pain, ni air pur)

des mots mariés, des mots ! 

 

 

 

II)

 

"Qu'était ce cette bulle

où j'étais avant ?

Quel somnambule

dormant en vivant ?"

 

"Il faut corriger

toute la Création

avec la beauté

d'humaines inventions !"

 

Alors d'abord il lit

un, deux, cent livres

et il prend le pli :

seul l'art délivre !

 

Il veut jouir sans trêve

de toutes les oeuvres

il brûle il crève

de ces douces couleuvres !

 

Deuxième symptôme :

il lui prend d'écrire;

pas pour des diplômes :

mais pour découvrir

 

le puits qu'est le soi.

Ah, que c'est profond!

il ne se savait roi

de tels tréfonds !

 

le puits cache une mer

un océan vaste;

il plonge au mystère

incrédule et chaste.

 

Au début il nage

comme un débutant.

il imite sage

les nageurs d'antan.

 

Mais plus il explore

et plus il rapporte

en surface un or

d'une étrange sorte.

 

C'est l'or de ses mains

perles inédites,

peut être demain

vérité, hadith !

 

Le virus diffuse

en sa veine molle

le jus de la ruse

poétique et folle

 

Le voilà Sisyphe

un peu Pygmalion

prométhé fautif

Narcisse, Phaéton !

 

Agencer les mots

pour des étincelles

fabriquer du Beau

fabriquer des belles !

 

Il ne saura plus

faire que cela.

Glorieusement exclu

il se fera rat.

 

Troisième symptôme :

il sera encein-

te ad libitum

d'ouvrages incertains.

 

Il est bel et bien

perdu pour la norme.

On le dira chien

fou, idiot énorme

 

"On" aura raison...

Ou pas, ça messieurs,

dépendra du bon

 Vouloir des Cieux

et du vieux Temps 

omnipotent...

 

 

III)

 

Curieuse planète

qui s'entête, s'entête

à faire des poètes

qu'on conspue, qu'on rejette

puis qu'on adule, bête.

 

Comme les arrêtes

dans les poissons,

les poètes maçons

sont le squelette

caché sous la chair

des tribus blettes

qui ne les voient pas.

mais c'est comme ça.

 

Singuliers poètes

hantés de gypaètes

planant sur les crêtes

de l'éternel ennui

du montagneux oubli

 

O richesses abstraites

O misère concrète,

Pauvres âmes seulettes...

 

 

 


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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 16:13

 

Mes chiottes (Paranoïa)

 

Amis humains

je vous écris ces quelques lignes

depuis un quiet paradis exigu

pour ne pas dire

mes chiottes.

La porte est close, le loquet définitif.

 

De crainte qu'une bande d'avinés fiévreux ne me passe à tabac

à l'angle de l'avenue là bas

que des tisons doucereux ne s'approchent encore de moi 

"laisse nous te caresser,

laisse nous baiser ta peau si douce"...

et avant que cette mendiante répugnante

lépreuse, puante, hydrocéphale

de l'autre côté de la chaussée ne s'en vienne enquérir 

" aimez moi, siouplait monsieur,

ayez pitié, embrassez moi

je ne suis qu'un peu verruqueuse ce n'est pas ma faute"

 

Je resterai barricadé

dans mon quiet paradis exigu

dans mes chiottes.

 

Non à vous tous !

je brandis mon étendard

le Non las du combat

je renonce au cauchemar.

 

Ne toquez pas ! Amis humains

je vous sais par coeur, j'ai appris mes leçons;

j'ai pris acte de votre souveraine saloperie

tortueux, tortus, tous ignobles hébétés

cervelles voûtées par le mastodonte de la connerie

goules livides hanteurs de centres commerciaux

brutes enfants des industries décervelantes et de l'alcool

et vous mégères atroces qui savez faire des traditions

un enfer dont on ne s'échappe pas

      ne toquez pas !

 

je ne vous sais que trop, hommes croches

les intarissables inventeurs de l'écartelement et du carcan

du sacrifice inutile et du renoncement

 

je sais vos vices coriaces

vos âmes filandreuses

Satan le chuchoteur

vous cornaque de fond en comble

depuis deux mille ans au bas mot

le sang

de Saint Sébastien criblé de flèches

Maximilien Kolbe le saint revèche

en a assez attesté 

 

amis humains pour vous

le corps d'un semblable cuisant au bûcher

ou une partie de poker,

marcher le long d'un canal où flotteraient

les restes d'une saint barthélémy

ou le repas du dimanche tout cela

c'est pour ainsi dire la même chose

 

au milieu de mon genre

j'ai trop longtemps étiré mon être

De l'antipode cynique à l'antipode naïf; clac

il n'avait pas l'élasticité ...

 

hommes

Ma moelle pécheresse et mon coeur capitulard

ont atteint le seuil de l'épuisement parmi vous.

Je prends congé par le claquemur

et opte pour la mort solitaire.

 

Vraiment désormais mon royaume

ce seront ces chiottes

ces latrines fermées à triple tour

 

et plus me plait plus et me contente

plus m'inspire la confiance

l'odeur de mes excréments  

que votre société toute entière

acharnée à ma perte.

 

Mes chiottes mes chiottes mes chiottes.  

 


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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 14:14

indignados.jpg

 

 

Los Indignados

 

                                         "Assommons les pauvres !"

                                               C. Baudelaire             

 

Quand il me faut m'arracher                

à mon moelleux trou de solitude

 

(où, bien à l'abri de mon prochain

et de ses éxécrables passions,

j'aime à prendre de longs bains

d'ennui et de méditation)

 

pour aller chercher ma subsistance au dehors

(ah si tous avions potager et verger !)

 

mon oreille est  toujours assaillie

par les mille jérémiades politiques

le bagoût infâme et les clameurs

de sainte deséspérance

de mes augustes concitoyens

 

aux cafés, aux fenêtres aux tramways

aux bureaux au métro au pavé

 

où que j'aille il faut que mes tempes subissent

cette alarme claironnée, cet unisson d'offuscation

selon lesquels

 

(l'alarme et le cri ne sont ils pas la seule expression loisible

aux âmes insuffisament aristocratiques

qui ne savent pas composer avec leur solitude ?)

 

Les dignitaires de notre Etat Français

l'ensemble des proéminences élues et dirigeantes

sénateurs, ministres, députés,

tous ces roitelets éphémères

nous auraient trahi de très longue date

et qu'ils ne seraient en somme plus

 

qu'une nuée de doryphores orgiaques

, de rapaces cannibales

des Danaïdes de jouissance

néroniens eunuques aux cervelles laquées

par le Vice du Pouvoir

et qu'ils auraient atteint désormais un degré de corruption

confinant à la plus extrême abjection

 

j'entend 

qu'ils crouleraient tous dans un luxe insane

s'étant accaparé tous les biens de la Nation,

cependant que les pauvres masses citoyennes

razziées matraquées de lois et de misères

crevoteraient de plus en plus pitoyablement

dans les fossés et l'ornière

 

(tout comme le tiers Etat sous Louis XIV

tout comme partout et toujours là où le pouvoir s'est materialisé

car il est dialectiquement acquis 

chez notre engeance lycaonne vaguement muselée de religion

que l'effort et le produit naissent de concert avec la taille et la confiscation

que la rapine et le viol ne sauraient exister sans la vulnérabilité paysanne

que la chair faible a été conçue pour les lacérations de la griffe 

que le pitoyable éveille le génie de la cruauté

en frottant autrui de ses yeux implorants

que le dos courbé  aimante le fouet

et que le village nu n'existe que pour les pillards

et moi même je me sentirai bien electrisé

de dévaliser et  battre

un semblable servile et honteux de lui

qui ne regimberait pas sous ma botte et mes gifles)

 

partout j'entend donc tonner et retonner

qu'il faudrait que cette ignominie cesse

car ce n'est plus souffrable d'être gouverné

pour être seulement dépouillés !!

 

Ah, Malheur, Hallali, outrage, révolution !

 

Et  ces chers agneaux mobilisés de battre du tambour,

mégaphoner des slogans vengeurs

de trotter en troupeaux édentés de l'avenue à la place

et de la place à l'avenue

jurant et rejurant leurs sermons

 

Mais que feront ils donc tous

ces anges cocufiés

ces preux citoyens savonarolant

drapés de leurs fiers haillons

si forts de leur cohésion

pour remédier à cette réalité immonde ?

 

Rien

 

Ils ne feront rien

 

rien d'autre que claironner

et trompetter leur indignation

sur la Grand Place des martyrs menteurs

 

car à la vérité cette situation

 

les délecte

 

ils en tirent une jouissance

une jouissance très particulière

celle d'êtres les victimes fières

bien propres sur elles 

d'une hydre satanique incalculable

celle d'être les David sûrs de leur noble défaite

contre un invisible et omniprésent Goliath

un inaccessible Moloch

qui concentre et incarne tout le Mal en sa seule entité

 

et qui de ce fait

épargne toutes ses victimes du Mal

ce dont ces masses bafouées jour après jour

devraient le remercier sans fin

car c'est grâce à lui qu'elles pourront s'enorguillir à jamais

de leur admirable pureté de leur innocence

 

Mais ce n'est pas dire encore grand chose

seriner que les Tyrans obèses doivent faire place nette

souligner encore et encore leur voracité

que le peuple ne tient plus sous ce joug obscène

 

ce qu'il convient de dire c'est la Vérité

 

Vérité qui est d'une écoeurante, d'une coupable simplicité

 

Tous ces dignitaires de l'Etat, ces chefs vautrés dans leurs palais

ces réprésentants du peuple dévoyés

ces intouchables crapules

 

ne sont rien de plus

 

Que les fruits qu'a donné l'Arbre de notre nation

 

Ils en sont même,

 

(s'il faut croire cette légende selon laquelle

la nation engendre son meillleur pour être gouverné par lui)

 

l'élite fruitière , la plus fine drupe produite par lui

celle qui le représente, lui donne sa noblesse et le gouverne

et pour laquelle le meilleur de la sève fut alloué.

 

Or donc s'il faut que les citoyens

- racines, branches feuillage et tronc de l'Arbre  -

constatent avec forces preuves

que la drupe glorieuse

n'est plus que pourriture

vertu véreuse

que les fibres de droiture

en honorant la pulpe

y ont été toutes mangées

 

c'est  par conséquent bien

que l'Arbre qui les a produit était amplement pourri

depuis longtemps déjà

et qu'il n'était prêt qu'à nous donner ces fruits mauvais

 

car ainsi que le disait  le roi des philosophes

Jesus

dont les paraboles et le sort disent assez

la sagesse supérieure et l'amour fou de l'homme

amour et sagesse auprès dequelles mes

mes chers doux concitoyens me semblent

bien chétifs, veules et mesquins soudainement

 

"Il n'y a pas de bon arbre qui produise un fruit pourri,

ni d'arbre malade qui produise un beau fruit

Car chaque arbre se connaît à son propre fruit"

 

De la plus profonde des racines aux plus hautes frondaisons

notre Arbre était travaillé depuis des lustres par mille champignons funestes

mille champignons qui étaient en chacun de nous

et que nous n'avons pas su extirper

leur concédant ainsi le chef de notre arbre

 

alors que faire maintenant ?

 

Vous frères humains agglutinés dans votre indignation

irez vous jusqu'au bout de la vertigineuse honnêteté

abattriez vous votre propre demeure d'une hache sainte et résignée ?

 

aurez vous le pieux courage de l'aller déraciner

et de reconnaitre ainsi toute votre pourriture  ?

 

Accordez moi je vous prie de regagner

 

mon moelleux trou de solitude

 

 

 

 

 

 

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 00:47

guillaume-de-rubrouck.jpg

 

 

L'amoureuse de Rubrouck (exhortation au voyage)

 

 

fille, tu es belle, certes
et je suis recru de ta beauté !

en ce village inerte
ta blondeur d'or fait tout éclater !

à l'auberge déserte
tu dansais seule : pauvre effrontée !

"viens : la valse est offerte"
moi, vieil enfroqué, tu m'invitais !

mais c'est en pure perte
car au devoir Dieu m'a ligoté !

ah jeunette la colère te
guette: ne sois pas épouvantée !

des langueurs souffertes
dégages toi; sens ta mobilité !

 

rester est amer; te

 dis-je : rien n'élève comme marcher !

 

chausse les sandales alertes
du Guillaume*, car tu as sa santé !

 

de furieuses découvertes

joncheront belles ton long sentier !


d'affolantes découvertes
feront ton cœur drôlement tressauter !

 

sais tu l'Asie diserte
des steppes du Khan, du Palais d'Eté ?

 

les étendues désertes

tâcheront d'enrichir ta beauté

 

quitte ce village inerte
il faut, jeunette, il faut te hâter !

car la vie s'est faite experte
de faire croire le temps illimité

et la mort s'est faite experte
d'équilibrer joie et cruauté

va vers ta liberté verte
je garde mon équanimité !

 

 

 

* : Guillaume de Rubrouck (1215-1295) : moine franciscain natif du village flamand de Rubrouck, il fut chargé par Saint Louis d'entreprendre un très long périple vers l'Asie afin d'évangéliser les Mongols, précédant l'explorateur italien Marco Polo. Bien qu'il échoua dans sa mission, sa longue lettre relatant son voyage dans l'Empire Mongol constitue encore aujourd'hui une des sources historiques essentielles pour l'étude ethnographique de la vie Mongole au XIIIème siècle et des relations entre l'Europe et l'Asie à cette époque. Il était en outre célèbre pour sa robustesse et sa capacité d'adaptation même dans les contrées les plus éloignées de la chrétienté.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 15:22

quesnoy.jpg



Quesnoy sur Deule


Voici le petit trou
où, futile, je naquis.
Un village cru et roux
très morne paradis.

là ce modeste point
dans le plat loess de Flandres
qui est, sans faire de foin,
comme les autres à attendre

A l'origine, vague cercle
de chêneraies, vague hameau.
On y vécut dix siècles
entre pillages et credo.

Vint le temps des péniches,
Des industries volubiles
qui firent du hameau chiche
une orgueilleuse ville.

Mais les teutons belliqueux
en quatorze bombardèrent
si "stark" et si bien que
l'opulence tourna poussière.

La France, bonne fille,
se fendit d'un monument
et de quelques béquilles.
Le trou survécut, bon an...

Des décennies passèrent,
et leurs malheurs, et leurs rois.
Puis, tout ce naguère
devint le présent pour moi :

Des bouges de brique
petitement agglutinés
que les aubes obliques
persistent à illuminer.

Le ciel bas y craçine
ou drache, imperturbable.
On y courbe l'échine
dès l'âge du port de cartable.

Deux trois rues soumises
peuplées d'hommes salariaux.
Chacun fait à sa guise,
il y a les doux, les brutaux.

quatre usines rétrécies
ou gentiment sclerosées.
Ca vivote et ça prie,
c'est parfois doux la pauvreté !

L'humble, le vieux canal
glisse, et s'abreuve de Pluie
pour que tant bien que mal
coule, coule la Vie.

par le temps des hivers,
il tombe des soupçons de neige.
Le quidam lors se terre,
avec au coeur le perce neige.

Au printemps triomphant,
reviennent les hérons hautains.
Ils vous toisent des trédents
avec des airs puritains.

Quelques rudes galopins,
au beau milieu de l'été
courent au champ comme lapins
on croit le temps arrêté.

Une blonde perchée
une folle, sur les tuiles
fume en longue bouchée
De l'herbe qui vient de Lille..

Le soleil peu à peu
atténue son bel effort.
les arbres miséreux
s'effeuillent et se mordorent.

Les vieilles du Quesnoy
savent l'automne des êtres
Un dernier signe de croix
la Mort toque à la  Fenêtre...

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 15:08

dune-touquet.JPG

 

 

Clair de Lune Touquettois


La Lune subtile
Dans les cieux bleus et noirs
éclaire d'un regard
la Dune tranquille.

Ô dormante clarté
où très lente, la mer
sussure ses rouleaux chers
en la douce nuit d'été

Ces bourrelets de sable
bâtisses des vents capables
aux cils d'oyats penchés;
toi et moi, là, cachés...

te souvient il des bunkers
abandonnés de la guerre
où en lunaire clarté
tu m'offris ta nudité ?

et ces baisers naïfs
entre pourpiers et griffes
d'argousiers, émouvante
peau de sable blanc ! Tu hantes

ma songerie d'été
Un grand vent t'as porté
loin, très loin du Touquet
Un grand vent s'est moqué

de mon amour risible
Nous sommes grains trop sensibles
aux vents sûrs emportés
ah, que viennent d'autres étés

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 14:18

petitfortphilippe.jpg

 

 

 

Grand Fort Philippe (Dansent les sternes)

 

 

Dansent les sternes

au grand ciel grisonnant

Dansent les sternes

sur les flots détonants

 

Mon coeur en berne

sur la jetée en recueillement

mon coeur en berne

les rouleaux claquent éperdument

 

Un deuil gouverne

cette tête que fouettent les embruns

et les galernes

hantée d'étraves et de marins

 

un deuil gouverne

ce doux fou qui s'évade en rêvant

un deuil que la mer ne

peut laver, ni ne chassent les vents

 

Foin des tavernes

et de l'écume ambrée des canons

foin des tavernes

là c'est la solitude sans nom

 

Ah, plat port terne

Grand Fort vasière du mol ennui

triste port terne

quel silence des noyés dans la Nuit !

 

Seule lanterne

un Christ cloué dans le béton

seule lanterne

un Christ pâle souillé de plancton

 

navire citerne

vient -en poser tes lourdes amarres

navire citerne

emporte moi devers ces brouillards

 

La joie hiberne

dans ce coeur, cette tête en deuil

la joie hiberne

et le ciel apaise tout orgueil

 

dansent les sternes

au grand ciel grisonnant

dansent les sternes

sur les flots détonants

 

 


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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 13:48

andromede-gustave-dore

 

 

 

 

 

Tu es belle, tu es ravissante

comme une sorte d'icône ambulante

qui suscite partout l'Adoration

 

je ne serai pas le dernier de cette nation

à me jeter à tes pieds d'ange

à me vouloir ton caudataire.

 

Tu es belle, tu es ravissante

tu es un mouvant temple

et plus l'on te contemple

plus ta beauté se démultiplie.

 

Wu Zetian  voit par tes yeux de céladon

Salomé danse dans tes hanches galbées par l'enfer

Dalila séduit par ta bouche et tes mots

 

Il n'est plus qu'à redouter ton baiser

 ta caresse et ton "oui"

 

C'en est fini des paisibles récoltes

de l'amitié nonchalante

voici que poignent à l'horizon

les nuées de locustes avides

que n'arrêteront pas les épouvantails de Raison

que j'avais planté aux champs de mon coeur

 

Voici venir les nuées de locustes avides

qui dévasteront tous les épis de ma Paix

 

Tu es bien plus que ta simple splendeur individuelle

tu es l'Amour effrayant

 

c'en est fini des paisibles récoltes

de l'amitié nonchalante

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 14:57

 

L'important

 

                       "l'émoi c'est tout dans la vie !"

                                 LF Céline

 


L'important
c'est la joie,
c'est l'émoi
hurrah quand
ces siamois
sans soucis
s'associent
pour tirer
la Tristesse
dans le coin
d'une ruelle
et lui broyer
la gueule
à grand coup
de soleil !

l'important
c'est la joie
c'est l'émoi
hurrah quand
ces siamois
s'étirant
comme  rois
fainéants
dans les draps
maculés
de nos vies
esseulées
chantent et boivent
 fines épaves
et soumettent
en sandwich
les deux miches
replètes
du Malheur !

 

l'important

c'est la joie

c'est l'émoi

hurrah quand

ils habitent

des enfants

dans les champs

ressuscitent

un mourrant

l'étranglant

d'un fou rire

inondant

de délire

un asile

de débiles

où la Mort

au dehors

fait mourir

de languir

exténue

de patience

des chenus

épuisés

d'ressasser

en silence

leur passé!

 

l'important
c'est la joie
c'est l'émoi
c'est le seul
héritage
que les sages
pas bégueules
laisseront

aux sillons

pour nos gueules

l'important

c'est la joie

c'est l'émoi

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  • : Plus qu'un simple réceptacle du cru de l'auteur E. Dupas, le blog de Poésie et Racbouni est la fenêtre francophone la plus grande ouverte sur la poésie mondiale du web : Europe, Amériques, Chine, Afrique, Océanie, rien n'est exclu. De Borges à Bukowski, en passant par Kwesi Brew, Hone Tuwhare, Juhan Liiv, Richard Brautigan ou Bai Juyi, découvrez (ou redécouvrez) les plus grands poètes des quatre coins du monde adaptés en français par l'auteur.
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